Dynamiser les territoires ruraux

Une action artistique en milieu rural, présente dans 11 départements

Pour Que l’Esprit Vive se donne  pour mission de renforcer le lien social dans les campagnes par le partage de la musique.

Hors Saison Musicale a été initiée en Côte d’Or autour du village de Flavigny-sur-Ozerain en janvier 2012. Depuis elle s’est élargie à l’Indre, le Cher, le Loiret, la Nièvre, la Saône et Loire, l’Allier et les Côtes d’Armor. En 2016 – 2017, elle est également présente dans le Loir et Cher, le Jura et la Sarthe.  L’hiver 2017-2018 voit Hors Saison Musicale invitée dans le Lot, le Puy de Dôme… mais aussi… en Belgique, qui lui confère désormais une dimension européenne ! En 2018-2019, elle étend son action en Haute-Marne, dans l’Yonne et en Savoie.

Cette action propose un véritable « service culturel de proximité et de qualité » par des week-ends musicaux.

Ainsi, le SAMEDI des moments musicaux sont organisés au domicile de personnes qui ne peuvent se déplacer du fait de leur âge, de leur fatigue ou de leur isolement social ou psychologique, mais aussi pour les enfants, les plus jeunes, dans les bibliothèques, médiathèques, au sein de familles d’accueil…. Chaque personne accueillant des musiciens invite ses voisins ou sa famille à partager ce moment musical à la maison pour en faire un moment d’échanges et de découvertes.

Des interventions sont également organisées, à l’hôpital, en maison de retraite, EHPAD, MARPA, Clubs, Médiathèques..

Ces visites musicales du samedi sont la raison première de notre action : apporter la musique à ceux qui n’y ont pas accès, sortir les personnes de leur solitude, partager le beau, animer le quotidien, créer des liens…

Le DIMANCHE un concert est donné dans un lieu de patrimoine rural, occasion de découvrir ou de redécouvrir le patrimoine local. L’église est souvent l’unique bâtiment patrimonial public du village, dont le clocher reste symboliquement fédérateur pour les habitants.

Le réseau de bénévoles locaux sont les chevilles ouvrières de l’action, par leur volonté de dynamiser leur territoire en organisant ces manifestations artistiques dans leur commune.

Ces bénévoles motivent et sollicitent habitants, municipalités, partenaires locaux, pour accueillir les musiciens, leur faire découvrir la richesse de notre patrimoine rural et les amener auprès des personnes les plus isolées.

Les concerts  de la Hors Saison Musicale sont produits par l’association Pour Que l’Esprit Vive qui en assume également les choix artistiques faits en concertation avec les musiciens.

Contexte : ruralité et hyper-ruralité

La situation, aujourd’hui critique voire au seuil de l’effondrement pour les zones hyper-rurales les plus fragiles, est le fruit de l’Histoire, particulièrement de l’évolution des dernières décennies : les dynamiques urbaines et la métropolisation croissante de la France concentrent mécaniquement dans ces lieux l’activité économique porteuse d’emplois, les métiers qualifiés ou d’avenir, la création de richesses. Ils sont vus comme les moteurs d’un développement supposé rejaillir sur le reste du territoire national.

L’expertise contredit cependant cette idée reçue à deux niveaux.

D’une part, l’hyper-ruralité s’avère en réalité indispensable au développement métropolitain : en termes d’aménités, de loisirs et de ressourcement, mais aussi de patrimoine, de capital naturel, de production agricole… Elle est porteuse en son sein de ressources et de potentiels de développement économique, social et écologique pouvant être mises au service de tous. Elle possède aussi des atouts et capacités qui jouent chaque jour un peu plus en sa faveur. A la congestion urbaine, l’insécurité croissante, la difficulté d’accès au logement, le « mal vivre » dans les villes,… s’oppose le potentiel de l’hyper-ruralité : un cadre de qualité, un foncier accessible, des relations de proximité souvent solides, favorables à la nécessaire relocalisation d’activités et la recherche de meilleures conditions de vie.

D’autre part, les inégalités territoriales, auparavant atténuées par la convergence des niveaux de développement entre régions et les mécanismes de redistribution publique, se creusent de nouveau gravement, faisant subir aux territoires hyper-ruraux une accumulation persistante de handicaps dont la plupart ne relèvent pas de la fatalité mais de choix de société, assumés ou non. Le déficit croissant en services publics et de santé, le retard flagrant en matière de desserte numérique, la persistante d’infrastructures de transports insuffisantes qui entretiennent l’enclavement ou encore les faibles ressources financières de collectivités locales sur-sollicitées face aux besoins, ne sont pas liés au seul contexte géographique.

En dépit de cette adversité, les habitants et acteurs de l’hyper-ruralité, qui n’ont pas encore baissé les bras, se mobilisent, individuellement ou collectivement, parfois avec succès mais  dans un véritable parcours du combattant.

Extrait du Rapport HYPER-RURALITE établi par M. Alain BERTRAND, Sénateur de Lozère

Remis à Mme Sylvia PINEL, ministre du Logement et de l’Égalité des territoires

le 30 juillet 2014 dans le cadre de la mission confiée par M. Manuel Valls, Premier ministre

La culture constitue un puissant levier de cohésion, de développement et d’attractivité des territoires ruraux. Favoriser l’accès à la culture pour tous, contribuer au développement économique des territoires et à la cohésion sociale, préserver et valoriser le cadre de vie architectural, patrimonial et environnemental des habitants sont autant d’enjeux partagés entre les différents acteurs qui font vivre la culture dans les territoires ruraux.

Rencontres Nationales Culture et Ruralités, juin 2018, Ministère de la Cohésion des Territoires