Dynamiser les territoires ruraux

Une action artistique en milieu rural, présente dans 11 départements

Pour Que l’Esprit Vive se donne  pour mission de renforcer le lien social dans les campagnes par le partage de la musique.

Hors Saison Musicale a été initiée en Côte d’Or (autour de Flavigny – sur – Ozerain) en janvier 2012. Depuis elle s’est élargie au Cher, à l’Indre et au Loiret, à la Nièvre et à la Saône et Loire, l’Allier, et les Côtes d’Armor. En 2016 – 2017, elle est également invitée dans le Loir et Cher, le Jura et la Sarthe,  programmant plus de 30 week-ends de musique de la mi-octobre 2016  à début avril 2017.

Ce projet d’envergure a pour objectif de couvrir l’ensemble du territoire français, y compris et plus particulièrement les zones hyper-rurales qui constituent  26 % du territoire et accueillent 5, 4 % de la population française, en proposant un véritable « service culturel de proximité et de qualité » avec des musiciens professionnels, dont la carrière est déjà nationale ou internationale, ou de jeunes musiciens issus du CNSM, à l’aube d’un avenir musical prometteur.

Ainsi, des moments musicaux au domicile de personnes âgées sont organisés chez les personnes qui ne peuvent se déplacer du fait de leur âge, de leur fatigue ou de leur isolement. Chaque foyer accueillant des musiciens invite ses voisins ou sa famille à partager ce moment musical à la maison pour en faire un moment d’échanges et de découvertes, occasions de rencontres intergénérationnelles informelles.

Des interventions sont également systématiquement organisées dans les institutions médicosociales, à l’hôpital, en maison de retraite, EHPAD et MARPA ou auprès de groupes d’anciens via les foyers d’aînés ruraux et les Clubs d’Anciens.

Ces visites musicales du samedi sont la raison première de notre action : apporter la musique à ceux qui n’y ont pas accès, sortir les personnes de leur solitude, partager le beau, animer le quotidien, créer des liens…

En conclusion du week-end, un concert est donné dans un lieu de patrimoine rural. Ces concerts sont aussi l’occasion de découvrir ou de redécouvrir le patrimoine local. L’église est bien souvent l’unique bâtiment public du village, outre la mairie, et dont le clocher reste encore symboliquement fédérateur pour les habitants. C’est d’ailleurs dans les petites églises romanes ou gothiques que l’on trouve une acoustique remarquable pour la musique de chambre.

Les organisateurs et référents locaux sont des personnes bénévoles qui désirent faire vivre leur territoire par la culture et l’organisation de manifestations artistiques de grande qualité.

Les concerts  de la Hors Saison Musicale sont tous produits par l’association Pour Que l’Esprit Vive.

Ils sont organisés sur place par des équipes locales de bénévoles, intégrés dans leur territoire et en contact avec la population rurale, qui motivent et sollicitent habitants, municipalités, partenaires locaux, pour accueillir au mieux les musiciens et les emmener auprès des personnes les plus isolées.

Contexte : ruralité et hyper-ruralité

La situation, aujourd’hui critique voire au seuil de l’effondrement pour les zones hyper-rurales les plus fragiles, est le fruit de l’Histoire, particulièrement de l’évolution des dernières décennies : les dynamiques urbaines et la métropolisation croissante de la France concentrent mécaniquement dans ces lieux l’activité économique porteuse d’emplois, les métiers qualifiés ou d’avenir, la création de richesses. Ils sont vus comme les moteurs d’un développement supposé rejaillir sur le reste du territoire national.

L’expertise contredit cependant cette idée reçue à deux niveaux.

D’une part, l’hyper-ruralité s’avère en réalité indispensable au développement métropolitain : en termes d’aménités, de loisirs et de ressourcement, mais aussi de patrimoine, de capital naturel, de production agricole… Elle est porteuse en son sein de ressources et de potentiels de développement économique, social et écologique pouvant être mises au service de tous. Elle possède aussi des atouts et capacités qui jouent chaque jour un peu plus en sa faveur. A la congestion urbaine, l’insécurité croissante, la difficulté d’accès au logement, le « mal vivre » dans les villes,… s’oppose le potentiel de l’hyper-ruralité : un cadre de qualité, un foncier accessible, des relations de proximité souvent solides, favorables à la nécessaire relocalisation d’activités et la recherche de meilleures conditions de vie.

D’autre part, les inégalités territoriales, auparavant atténuées par la convergence des niveaux de développement entre régions et les mécanismes de redistribution publique, se creusent de nouveau gravement, faisant subir aux territoires hyper-ruraux une accumulation persistante de handicaps dont la plupart ne relèvent pas de la fatalité mais de choix de société, assumés ou non. Le déficit croissant en services publics et de santé, le retard flagrant en matière de desserte numérique, la persistante d’infrastructures de transports insuffisantes qui entretiennent l’enclavement ou encore les faibles ressources financières de collectivités locales sur-sollicitées face aux besoins, ne sont pas liés au seul contexte géographique.

En dépit de cette adversité, les habitants et acteurs de l’hyper-ruralité, qui n’ont pas encore baissé les bras, se mobilisent, individuellement ou collectivement, parfois avec succès mais  dans un véritable parcours du combattant.

Les attentes à court terme de ces territoires, trop souvent présentées et comprises comme un perpétuel « retard à combler ». Leurs combats défensifs incessants, absorbent l’énergie des forces vives et les empêchent de penser librement l’avenir. Focalisés sur leurs difficultés de court terme et du fait des menaces qui pèsent constamment sur eux, les territoires hyper-ruraux sont finalement « assignés » à une politique exclusivement défensive se résumant à : « comment ne pas perdre cela après tout le reste… ».

Extrait du

Rapport HYPER-RURALITE établi par M. Alain BERTRAND, Sénateur de Lozère

Remis à Mme Sylvia PINEL, ministre du Logement et de l’Égalité des territoires

le 30 juillet 2014 dans le cadre de la mission confiée par M. Manuel Valls, Premier ministre